OVL  lettre "V"

 

VAN  (sanskrit védique, in Benfey) (7 avril 2020)= 1-demander  2-accepter

Le dictionnaire sanskrit-français le mentionne seulement  comme védique, et sans l' analyser, à l' entrée vana = désir.

On peut donc ajouter les sens suivants, en complément:

1  +désirer, voir  vana = désir.

Il est évident qu' il y a deux étymons à l' origine de cette racine sanskrite, puisqu' une partie des significations concerne le mouvement en avant (désir, etc...) et l' autre l' acceptation  (assemblage intérieur).

1 <  ua-ann =  faire(ua)  vers l' avant (ann).

Voir anglais: to want, etc...

Voir particule familiale belge, néerlandaise et allemande:  van / von = qui fait aller en avant  (un ancêtre originel).

Voir les suffixes sanskrits  -vant / -vat.

2- ava-anna =   faire l' assemblage; voir  skr: vanîtâ = femme   <  ava-anna-yata = qui fait  (yata) l' action d' assembler  (ava-anna).

 

Il y a un troisième étymon qui explique la racine VAN dans de nombreuses langues:  <  ua-nna = ne pas faire  aller en avant.  Voir  FR: vain; FR: VANNER = trier le grain en le secouant.; FR: vanné = très fatigué.

 

Vercors  (le)  (ORN-France) (30 mars 2020)

Haut plateau  du Dauphiné.  Vercors-ium  en 1231 (Moreau-2-268). 

Etymologie "officielle":   "d' une tribu mentionnée par Pline (III-124): les Uertacores, qu' il situe à côté des Voconces".

 

Si  le rapport entre cette tribu  et l' ORN: le Vercors, est probable, car il existe peu de coïncidences en Histoire, son nom même et ses vertus éponymiques  sont beaucoup plus discutables.

1- le nom que les philologues ont choisi de restituer n' est qu' une variante des manuscrits, qui les arrangeait, certes, mais qui n' est apparemment pas le véritable ethnonyme restitué par Pline. Il semble bien que Pline ait parlé avant tout des Uertamocori  (autres variantes: Vertacomacori, Vertamacori, Vertacomari- in Moreau2-269).

 

2- il semble que, d' après l' analyse védique du mot Vercors, il signifie "qui assemble  vers le haut", c'est-à-dire le concept universel de "montagne".  

Le chercheur qui étudie des mots du passé, doit toujours chercher à simplifier, pour effectuer un "retour en arrière".  Le contraire de ce qui est pratiqué jusqu' à présent en Histoire, où le chercheur cherche à  en mettre "plein la vue"  au public,  pour leur dire: "je suis un spécialiste, je maîtrise des sujets compliqués".  En réalité, la plupart des soi-disant "chercheurs" n' ont fait qu' entrer dans l' administration de la culture et suivre la voie hiérarchique, comme dans n' importe lequel des bureaux.  Voilà le triste sort réservé à la pensée dans  notre société décadente.   

Mon avis était partagé par plusieurs personnes qui ont compté dans la deuxième moitié  du XXè s.

Georges POMPIDOU, en 1966:  "le CNRS, c'est un énorme organisme ingouvernable. C'est une juxtaposition de coteries, c'est un rassemblement de chercheurs fonctionnarisés, qui s'installent dans leur fromage et y restent jusqu' à la retraire, sans autre souci que de s'adonner à leur marotte, qu' elles débouchent ou non sur des découvertes" (page 116).

Alain PEYREFITTE: "Chacun des scientifiques qui manie la craie sur le tableau noir, me paraît enfermé dans sa spécialité. L' Histoire des Sciences m' a appris que la plupart des découvertes ont été faites en regardant par-dessus le mur du voisin, par des intelligences fraîches, aptes à ne pas se laisser emprisonner par les idées dominantes "(page 171)(+ complément à la page 162).

(les deux citations sont extraites du livre d' A. PEYREFITTE, c'était De Gaulle, volume 3, Paris, éd. Fayard, 2000)

 

En Histoire et dans la linguistique historique, il importe, avant tout, de plonger en arrière dans la mentalité ancienne.  Les mots ont été créés localement, à l' échelle de la tribu, qui était une famille élargie. Les "familles" qui habitaient la région du Vercors, appelaient les terres élevées  "montagne"  et les terres basses  "plaine OU vallée". Ils n' avaient pas besoin de différencier leur appellation "montagne", puisqu' elle était la seule qu' ils avaient sous les yeux.  Ensuite, à l' intérieur de la Montagne, ils différenciaient  les reliefs particuliers:  pic, arête, falaise, montagne ronde, bosse, etc... toutes appellations qui s' apparentent d' ailleurs au concept linguistique de la Montagne; c'est-à-dire des appellations qui, dans d' autres régions, pouvaient signifier "la montagne en général". 

 

Vercors

Le premier élément  "uer-"  a été depuis longtemps repéré comme signifiant  "haut"  dans de nombreuses langues (y compris certaines régions de la Gaule).

-cors  signifie  dans la langue védique  "qui assemble", voir par exemple le suffixe ethnonymique -cori = tribu.

Le tout signifie donc, tout simplement , qui assemble  vers le haut = la Montagne. 

 

 

Vulgientes  (les) (ETN France) (3 avril 2020)

Pline (III-36).  Peuple situé dans la région d' Apt  (Vaucluse).

Le deuxième élément est évidemment apparenté au  latin:  gens (gentis) = peuple.

Ethnonyme originel:  les  Ul.

Même ethnonyme  que les Ueliocasses  (== *Uli-casses) et bien d' autres, puisque  /ul/ est un des étymons mondiaux qui signifient  "homme".  Voir  le latin: ullus  = personne; dans les deux sens du mot français: un homme ET pas d' homme.   Cet étymon est le même que le latin: uir  = homme (viril) == uil  < vi-Ṛ.

Il existe une possibilité pour que l' ethnonyme originel  soit les *Ulc / Uolc, mais je pense, que dans ce cas, le  "g" n'aurait pas suffit pour rendre compte du doublement du son guttural.