lexique

 

agentif: qui concerne celui qui fait l' action (l' agent).

 

 

autonyme: nom donné ou utilisé par le porteur du nom lui-même. Contraire: hétéronyme.

 

 

cérébralisé: en linguistique, spécialement dans les langues indiennes, consonne prononcée avec la pointe de la langue vers la racine des dents supérieures (in VF).

 

eurosanskrit: transcription, la moins pire possible, de l' alphabet sanskrit en alphabet européen. La difficulté principale étant que les voyelles brèves ne devraient quasiment pas être écrites en eurosanskrit. Mais leur maintien permet une meilleure lecture pour nos esprits occidentaux.  

 

français argotique (FRarg): Il est surtout connu par sa survivance dans le parler parisien et dans "le milieu" (milieu interlope). Ce qui ne veut pas dire que les mots qu' il utilise sont exclusivement parisiens, mais ils sont plus connus par l' intermédiaire de l 'argot parisien. Nul doute que l' on peut trouver les mêmes mots dans les patois régionaux.

 

 

hétéronyme: nom donné par d' autres que le porteur du nom. Ce qui explique un éventuel sens péjoratif. Contraire: autonyme.

 

 

linguistique préhistorique: discipline qui consiste à rechercher le tout premier sens d' un mot; les "conditions", les raisons pour lesquelles, il a été inventé. Cette recherche ne peut s' effectuer qu' à partir des plus anciennes langues assez bien connues, en l' occurrence, le sanskrit et la langue védique, plus éventuellement le sumérien et l' iranien ancien de l' Avesta.

 

 

palaeohibernien: langue censée être l' ancienne langue parlée en Irlande et dans les régions avoisinantes.

Elle est surtout représentée par un ensemble de textes , essentiellement des gloses de textes chrétiens en latin,  datés du tout début du VIIIè s. jusqu' au Xè s.

Ces manuscrits nous sont parvenus par des intermédiaires continentaux: principalement la célèbre abbaye de Bobbio, fondée au début du VIIè s en Italie du nord, par saint Colomban (censé être un moine irlandais).

Un de ces manuscrits a cependant été découvert dans le fonds ancien de la bibliothèque d ' Arras.   

Il semble intéressant de dissocier ces textes d' avec ceux produits en Irlande et sur la côte occidentale de la Grande-Bretagne. Textes à peu près de la même époque , quoique un peu plus tardifs.

Mon hypothèse, que j' ai déjà formulée dans  le premier volume de Langue et Histoire, est que ces textes (ou du moins une partie de ceux-ci) sont des textes en langue celtique continentale du Haut Moyen Age, donc un très ancien français.

Pour l' instant, j' ai découvert quelques arguments favorables  à cette hypothèses (voir 1er chapitre du vol.1), mais rien de définitif.

Ces textes ont été publiés et étudiés au tout début du XXè s, par Whitley STOKES et John STRACHAN, des philologues anglo-saxons. D' autres chercheurs allemands et français se sont penchés dessus , les incorporant sans les différencier au corpus des textes en vieil irlandais et vieux gaélique.

 

 

sanskrit: ancienne langue de l' Inde, encore utilisée de nos jours par les intellectuels et religieux  indiens, comme le latin le fut, en Europe, il y a encore quelques décennies. On pense que le sanskrit fut particulièrement codifié et perfectionné au Vè s av.JC, par Panini, un grammairien indien.

On peut avancer, sans se tromper, que le sanskrit est la langue humaine la plus complète et la plus précise. 

A cette perfection du sanskrit , je vois principalement deux raisons:

 

1- L ' ancienne pensée  indienne est d' une telle complexité et d' une telle finesse,  que pour l' exprimer il a fallu créer un outil très perfectionné: une langue possédant un vocabulaire et une grammaire précis et  évolutifs.

En passant, je signalerais que les réflexions philosophiques cartésiennes ou kantiennes n' ont rien inventé. Même la philosophie grecque est probablement postérieure à la philosophie indienne.

 

2- La langue, surtout au début la langue orale, dans la pensée des civilisations antiques, et même médiévales ou modernes,  possédait  une puissance religieuse. Le perfectionnement du sanskrit fut donc certainement une oeuvre sacrée. Les historiens et les philologues actuels ont malheureusement éludé cet aspect des langues anciennes.

Il s 'agit pourtant là d' une donnée essentielle de l' étude de l ' histoire des langues et de l‘ Histoire tout court. 

Voilà pourquoi , j' entame cette série d' études intitulées:Langue et Histoire.

Vous verrez que les mots sont  à l' origine de beaucoup de choses. Les  Evangiles, la Bible  reposent sur des jeux de mots comme les premières religions de l' Inde.

« L’ enseignement spécifique des Upanishad est bien celui des correspondances et relations entre toutes choses, relations inapparentes au vulgaire — et, c’est en cela qu’ elles sont secrètes — mais connues des savants. Ces relations peuvent tenir à des similitudes de structure, mais le plus souvent sont numériques ou verbales. Toutes choses en même nombre ont par là un trait d’ essence commun et les noms de choses qui ont une ressemblance avec d’ autres mots exprimant une action sont censés déceler en ces choses un aptitude à réaliser cette action.

Beaucoup de spéculations sont ainsi de pseudo-étymologie, ne cherchant nullement , comme nous le faisons en linguistique , l’ origine des mots, mais voulant dégager les virtualités des êtres et des choses désignées par les mots.

(Jean FILLIOZAT, Les philosophie de l’ Inde, p 14)

 

Vous verrez ainsi qu' une grande partie de l' Histoire ne se comprend pas si l' on ne possède pas la clé linguistique qui permet de la décoder.

La Pucelle n' était pas vierge , car "la pucelle" signifiait seulement "la petite" au Moyen Age.

La chanson du roi Dagobert qui a mis sa culotte à l’ envers, chantée sous l‘ Ancien Régime finissant, puis sous le Premier et le Deuxième Empire, est une chanson révolutionnaire que les historiens n’ ont pas encore décodée.

Je pense en avoir saisi la teneur. Je l’ expose à l’ entrée Dagobert du volume III.

Ce travail de décodage de l’ Histoire prendra beaucoup de temps, mais il en sortira une nouvelle Histoire, plus proche des hommes qui l‘ ont vécue, et enfin éloignée des manipulations qui caractérisent la plupart des documents qui ont servi à écrire l’ Histoire, encore de nos jours.

 

 

les Upanishad = textes sacrés de l’ Inde, probablement postérieurs aux Vedas et dont la version conservée par écrit date du premier millénaire av.JC (? 700-300.av.JC)

 

védas , védique: Les vedas (1)(= connaissance , science < VID = percevoir , comprendre , connaître) sont un ensemble de textes sacrés de l' Inde, qui remontent au moins au 2ème millénaire av.JC, mais probablement plus. 

Dans ces textes, ce qui frappe un lecteur européen actuel, c' est la complexité de la pensée religieuse de cette époque ainsi que le souci de précision dans l' utilisation de la langue.   

 

Les verbes grecs, latins , français s' analysent comme des répliques des verbes sanskrit; c' est à dire, le plus souvent: un verbe principal: aller, penser, dire, être + un ou plusieurs préfixes sanskrits: abhi , adhi, anu, apa, ati, avi ,dus, ni, nis, para, pari, pra, prati, sam etc...J' aurai l' occasion d' y revenir...