Dictionnaire des tribus et peuples gaulois de l' Antiquité

Tribus et peuples gaulois de l' Antiquité

langue-et-histoire, volume 174

2020

 

 

Recensement systématique de tous les groupes et ethnies présents dans les textes et inscriptions de l' Antiquité sur le territoire de la Gaule antique, y compris les populations qui ont donné leur nom à un pagus, ce qui est aujourd'hui appelé "pays", c'est-à-dire une petite région qui a gardé une identité naturelle ou historique... autant que l' Histoire puisse être documentée dans ces âges qui ont laissé si peu de renseignements...

 

sommaire

introduction  (limites géographiques, sources, etc...)

clés: codage, abréviations

bibliographie

A

B, etc...

 

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Pourquoi  écrire un dictionnaire des noms des peuples gaulois ?

 

J' ai entamé cette série d' études il y a bientôt neuf ans, en constatant que le monde intellectuel se  complaisait dans l' ignorance quasi totale des langues et de la pensée religieuse ancienne, et par conséquent de l' Histoire, puisque l' Histoire est avant tout dominée par les mots et par la compréhension de la mentalité de nos ancêtres. Schématiquement, on peut dire "les mots" et "comment ils en comprenaient le sens".

La compréhension des mots, et plus généralement du monde, est le domaine de la religion; ce qu' on appelle couramment "les croyances". La religion est l' ancienne science. 

 

Dans tous les domaines de recherche, j' ai donc constaté la même ignorance:

 

 -les noms de lieux:  quelques vagues hypothèses on servit de clé de décodage à tous les toponymes. Je citerai pêle-mêle les suffixes dits "celtes" en –ac, les noms de villae altomédiévales ou médiévales construits  à partir d' un anthroponyme, etc... Aucune remise en cause de l' évidence: s' il y a le mot "bois" , il s' agit d' un bois, une forêt, etc...  Pas d' examen du mot  en tant qu' association de phonèmes, travail pourtant élémentaire  pour tout linguiste.  Cependant,  le mot  "bois"  est l' exacte  transcription,  avec un autre accent et une autre orthographe, de l' angl: path = chemin.

Bref, en toponymie, j' ai constaté le désert...

 

-ethnogenèse:  je ne reviendrai pas sur les débilités que j' ai maintes fois évoquées des Celtes et des Indoeuropéens, débilités qu' il est interdit de critiquer. On se demande pourquoi... Ah oui, c'est le fond de commerce de tant de soi-disant "savants"...

 

-les langues gauloises: pareillement, c'est la "chasse-gardée" de quelques médiocres pontes, qui ont décrété que la seule clé qui pouvait permettre de comprendre les langues gauloises était l' ancien irlandais (du Moyen Age) et , à la rigueur, les langues néo-celtiques, puisque comme Astérix, les Gaulois ont résisté en Armorique...

Mais comme pour le mot "bois", aucune analyse scientifique des mots, bref... le désert...

 

-les inscriptions latines: je ne reviendrai pas non plus sur "cette catastrophe historique".

 

-les religions:  on a pris pour  la Vérité, tout ce qui était dit par les religions "dominantes", au point qu' elles fournissent même les documents  historiques  qui servent à établir l' Histoire; documents historiques acceptés  sans les plus élémentaires questionnements historiques: qui les a écrits ? pourquoi ?  dans quel but ?  etc...

Pire, on a accepté sans broncher que les symboles  et les  explications des religions restent  un monde mystérieux ou mystique.  Qui a, par exemple,  étudié sérieusement les symboles chrétiens  et la signification de la Messe ?

Bref, en théologie, j' ai constaté le désert...

 

-les anthroponymes:  l' examen des différents corpus antiques, médiévaux, contemporains, montre, à l' évidence, une continuation des noms. De tous les noms. 

Il faut savoir déchiffrer par-delà  les accents, les croyances religieuses et les contextes historiques, les différentes versions d' un même nom.  Qui peut croire qu' un nom a pu resté inchangé durant des millénaires, à travers toutes les mutations historiques et linguistiques (il en existe pourtant quelques exemples ainsi) ?

La théorie anthroponymique académique est que les noms de personnes ont été construits à partir de caractéristiques personnelles:  trait de caractère physique ou moral, métier, etc...

Pourtant  d' innombrables exemples prouvent que, principalement en ce qui concerne les noms de familles, les noms de personnes expriment le fait (et le principe religieux) que la personne continue la lignée d' un ancêtre originel.  

Là encore, comme pour le mot "bois", aucune analyse scientifique. 

Pourtant, le nom de famille actuel Belle-étoile, ne représente pas "les descendants  d'un homme qui  avait de la chance" mais trouve son origine dans le nom antique  Belatullus, qui lui-même n' est pas seulement Belatullus, mais est aussi  Bel- Atullus, de  même qu' à la mode romaine, il est  Bellus Tullus, et bien d 'autres suivant les régions, les religions et les langues.

 

Face à ce désert de la recherche, j' ai d' abord cru à une ignorance malheureuse du monde intellectuel que l' on pouvait palier en apportant quelques informations utiles ou, au moins, quelques pistes à suivre.   Hélas!  je me suis aperçu qu' il ne s' agit pas d'ignorance mais de médiocrité.

J' avais sous-estimé combien les médiocres pouvaient se sentir solidaires. 

Il s' agit d' un mécanisme qu' a analysé Marc BLOCH pour expliquer la déconfiture française de mai 1940 ; lisez l' étrange défaite,  et vous comprendrez  en partie l' explication de cette médiocrité dans laquelle nos sociétés se complaisent.

Quelle est l' antidote à cette médiocrité ?  Je n' oserai  dire "une guerre", car la guerre a le double effet  de faire émerger les hommes de valeur mais aussi d' en faire disparaître de nombreux...

Je me contenterai  d' émettre le voeux mystique d'une renaissance de l' Homme.

 

 

-les noms de peuples

Une fois qu' on arrive au commencement  du commencement, on commence à distinguer une pensée première, un étymon à l' origine de tous les autres.

Les noms des peuples  sont, à l' évidence, à l' origine de tous les autres, encore faut-il bien réfléchir à ce que l' on dit.

1) les noms, qui sont parvenus jusqu' à nous,  sont les mots entendus par des écrivains antiques, écrivant en latin ou parfois en grec, et par conséquent, écrits tel quel, en se servant des systèmes de transcription propres à  chaque langue.  Il importe donc, autant que faire se peux, de rechercher l' ethnonyme originel  tel qu' il était employé par les hommes qu' il désigne.

2) les ethnonymes  remontent à l' origine quasiment  néolithique des peuples, c'est-à-dire au stade tribal d' hommes habitant un petit territoire,  dans lequel  ils vivaient repliés sur eux-mêmes, éclairés par leur religion qui leur avait donné un rôle dans la Grande Explication du Monde, nécessaire à toute civilisation. 

L' ethnonyme  n' est pas un nom à l' usage de l' étranger, il n' a pas besoin d' exprimer  quelque caractère distinctif par rapport à ses voisins. Il exprime seulement  le concept d' Homme, en insistant éventuellement sur un des rôles humains préférés  par la religion de la tribu.

Ainsi, on retrouve dans les ethnonymes une partie des mots signifiant "homme" sur le territoire de l' ancienne Gaule. Du moins, la partie connue, soit peut-être  5%  des mots signifiant "homme", sachant que ces 5% peuvent devenir 1%  quand on ne sait pas tenir compte des  accents, des mutations phonétiques  et des différences orthographiques (toujours l' exemple du mot "bois" !).

C'est pourquoi on retrouve dans les ethnonymes de nombreux étymons  signifiant  "homme", parmi lesquels:

-boy , qui a abouti au mot  anglais signifiant "garçon".

-man, qui a abouti à l' angl/all: man/mann, ainsi qu' au FR/latin: humain/humanum (< *hman).    

-mal, qui a abouti au FR/angl: mâle/male et au latin: mas (mar-is).

Et bien d' autres, dont je ne dévoile pas l' étymologie, puisqu' il ne s' agit pas d' un dictionnaire étymologique.

 

Philippe POTEL-BELNER, 16 décembre 2019.