de la prononciationdes mots anciens

 

Vous pouvez retrouver ce texte agrémenté  de notes et de bibliographie sur ma page du site Academia.edu

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127- de la prononciation des mots anciens

Publié par Philippe POTEL-BELNER le 2 juillet 2019 sur les sites  langue-et-histoire.com   et  www.academia.edu

 

 

Il s' agit d' un sujet inconnu des philologues; ce qui est un comble pour des gens spécialistes des langues !

Mais le monde est ainsi, toujours plus de médiocrité, toujours plus de manipulations, toujours plus de secrets,  pour  la domination... de quelques uns ?

Parmi  les centaines d 'exemples que vous pouvez relever dans mes travaux, et parmi les milliers d' exemples que je peux citer, j' en ai choisi deux:  les prononciations  de  Mercure  (Mercurius), le dieu romain, et d' Arelate, le nom antique de la ville d' Arles  (déjà publié  en novembre 2016 sur Academia.edu).  

Tout d' abord, il est primordial de rappeler quelques données essentielles  de l' étude des langues anciennes, données éludées, oubliées ou autre (?) par les philologues.

 

1- Un phonème se prononce  avec  des  variantes plus ou moins importantes suivant les régions ou les tribus.

2- Encore plus important:  la manière de noter les phonèmes varie considérablement suivant les régions ou les tribus.

Ainsi, par exemple, certaines langues rendent compte  de l' aspiration de l' air et de l' expulsion de l' air lors de la prononciation, reflet souvent  d' une manière de prononcer locale.

Exemple, le phonème  [r] peut se prononcer et s'écrire  ar / ra / ara;  ET, en raison de sa proximité avec le phonème [l]:  al /  la / ala.   

La prononciation et l' écriture du souffle peut aussi  remplacer "a" par  "h"  >  hr / rh / hra / hl / lh  / hla / alh.

Il s' agit de la manifestation, entre autres,  de deux grands phénomènes linguistiques, la plupart du temps sous-évalués, pour ne pas dire négligés par les philologues:  l' aphérèse  et  l' apocope

La réalité de l' étude des phonèmes est encore bien plus complexe, puisqu' il y a d' autres  phénomènes supplémentaires comme l' intensification du phonème, souvent exprimée par un redoublement,  ou  l' adjonction d' un élément  agentif  devant ou derrière, etc...  mais je me contenterai, ici, de l' essentiel.

 

 

1- Mercure

 

Une des prononciations / orthographes  de Mercure  est  Melchior,  le Roi-Mage  à peau noire  des Evangiles.

Ce n' est pas pour rien que je répète depuis  bientôt dix ans, sans résultat, que  l' étude de l' Histoire ne peut passer, en premier lieu, que par l' étude des mots de l' Histoire.

Les  historiens  doivent revenir à la base de la documentation historique:  les mots;  et  ceci, sans  perdre leur faculté de critique, car trop souvent les historiens se contentent de prendre tel quel  la traduction d'un texte. 

Dans cette bévue (note 1), il y a déjà un énorme problème, c'est  le singulier de "traduction". 

Une des règles essentielles  de la philologie est  la multiplicité des traductions possibles:  je l' ai démontré en ce qui concerne la traduction des œuvres de Platon parlant de l' Atlantide dans mon volume 4: la Première Histoire de l' Humanité.

 

Je classe dans le domaine de la philologie  les langues dites classiques:  le grec, le latin, le sanskrit, etc... car  elles  sont, contrairement  à ce que veulent faire croire les spécialistes,  en partie inconnues, plus exactement, leur durée d' utilisation et la relative rareté des textes,  font que leurs mots possèdent des  sens  multiples, malheureusement rarement  soulignés par les traducteurs, qui comme tout  "bons" spécialistes se doivent de paraître assurés, alors que  la Science est avant tout la Science du doute...

Un historien se doit d' avoir des connaissances  philologiques poussées.

 

Ensuite, que des mythographes  chrétiens  aient   crypté  Mercure  en  Melchior, pour désigner  un des personnages importants du monde venu rendre  hommage au Christ  naissant,  est tout à fait conforme à  la manière de faire mythographique chrétienne ou autre.

Ils ont parié sur  la médiocrité des intellectuels des générations futures... et ils n' ont pas eu tort,  même au-delà de toute espérance, tant  on peut parler de déclin de l' humanité  en ce qui concerne  la pensée.

 

Ceux qui ont suivi mes travaux savent  maintenant  à peu près  décoder  la divinité  Mercure / Melchior,  à peau noire,  sa parenté avec  Jésus  et la raison de sa peau noire. Reportez-vous à mes écrits passés.

 

 

 

2- Arelate  

 

J' ai déjà analysé ce mot dans une précédente étude sur Academia.edu.

Apparemment, elle n' a rien changé à la médiocrité ambiante dans le domaine de la philologie "gauloise" OU "celtique".  Il y a toujours  la même  bande de soi-disant "savants"  qui poursuivent l' hypothèse  erronée  de langues  médiévales, et même plus tardives, du nord-ouest de l' Europe (vieil irlandais, etc...) calquées sur une hypothétique langue celtique unique parlée en Gaule dans l' Antiquité.  Le fonctionnement enfantin, simplissime  (et fainéant) de leur pensée  est édifiant:  comparer  les lexiques de ces langues "néo-celtiques" avec les quelques milliers de mots gaulois connus (surtout des noms de personnes) et traduire ces mots gaulois à l' aide des langues néo-celtiques.  Las !  cette méthode  pourrait  à la rigueur fonctionner  si  la Gaule avait été un pays uniforme, un peu à la manière des pays modernes,  mais la réalité historique montre bien que la Gaule était issue de milliers d' anciennes communautés  néolithiques  isolées chacune des autres, je l' ai déjà dit: un peu à la manière des  amérindiens  avant l' arrivée des européens , avec, par conséquent,  une langue par tribu, ce qui donne un total d' au moins quelques centaines de langues (ou dialectes)  ou plus.     

Donc,  la méthode qui consiste à faire correspondre  un mot néoceltique  avec  un mot gaulois  est certes rassurante,  mais  totalement  imaginaire.

D' autre part, ces  soi-disant celtologues  ont  essayé  de relier  le gaulois au sanskrit  en se référant aux études germanophones de  Pokorny et  une soi-disant langue indo-européenne originelle, et en s' adjoignant quelques  médiocres connaisseurs scolaires du sanskrit.

Cependant, quand on a un peu étudié, comme moi,  les travaux réalisés sur le sanskrit, on s' aperçoit  que le sanskrit  classique, c'est-à-dire celui des grandes oeuvres littéraires de l' Inde, est  relativement bien connu, mis à part, son extraordinaire diversité et durée d' utilisation, mais l' étude du sanskrit primitif ou sanskrit du RigVeda,  objet  de  controverses  passionnées  aux alentours   de 1900, est abandonnée au profit d' un statuquo  qui met en avant les traductions  académiques  anciennes, fantaisistes  et déconnectées des réalités religieuses de l' Inde ancienne.  La difficulté  est évidemment due au caractère oral de la langue du RgVeda, et  à son caractère primitif, qu' il est impossible de saisir si on se réfère au seul sanskrit classique. Mais, là encore, comme le disent les érudits indiens, le RgVeda  ne peut pas,  et ne doit pas, être accessible aux profanes.

 

Donc,  je vous présente ma méthode, qui est celle de la pluralité des références, conforme à une vision historique de l' évolution des langues et  à sa complexité. 

Un de mes arguments de base est  le fait que, comme en archéologie, ce que nous saisissons des langues anciennes n' est qu' un infime fragment  de la réalité linguistique ancienne (orale !).

Il s' agit, d' ailleurs,  en général, de fragments  de langues écrites, ce qui ajoute encore à la confusion.

Par conséquent, toutes les langues peuvent servir à la reconstitution d' une étymologie générale,

dont  la référence  reste  le sanskrit primitif.

Il faut faire feu de tout bois. Plus que  les lexiques des langues néo-celtiques,  "l' archéologie" des langues nationales  et surtout celle des langues populaires et argotiques doivent être  utilisées. 

Il est évident que les langues locales  ou populaires dérivent en droite ligne des langues parlées  dans les temps anciens, car, en Histoire, il n' y a jamais de révolution, il n' y  a que des évolutions, lentes dans les campagnes. 

 

Ainsi,  je prendrai l' exemple d' un mot gaulois, d'après Delamarre,  caito- OU ceto- ;  première erreur:   il est insensé  de prétendre  l' existence d' un seul mot gaulois caito/ ceto

Cette combinaison de trois  phonèmes  /ka/   +  /it/   (OU /yat/ OU yad  selon l' eurosanskrit)   +  /wa/  ; qui signifie dans la langue védique primitive  "qui donne (wa) l' assemblage  (ka)   autour / vers l' extérieur (it / yata)"  est, certes, comme le laisse à penser le gallois coed,  une des manières  d' exprimer le concept de "forêt", puisque dans les conceptions religieuses anciennes, la forêt est, à la manière de la fourrure des animaux ou des poils humains, ce qui entoure, ce qui est à la surface, de la Terre divinisée; mais cette traduction  simpliste ne saurait prendre en compte les milliers de traductions possibles  de cette combinaison de phonèmes signifiant  "qui donne l' assemblage vers l' extérieur", d' autant que l' élément  "vers l' extérieur", en tant qu' intensifiant du mouvement , possède d' autres sens dans les langues mondiales.

Un exemple de ces multitudes de sens possibles  est donné par l' anglais contemporain  coat = manteau, pelage, couche (revêtement), etc... Il est très dommage que cette correspondance n' ait pas été relevée par  Mr Delamarre trop obnubilé par son  "néo-celtique" (voir XD1-97).

Pour information, les dictionnaires étymologiques anglais font remonter coat, entre autres,  à un francique reconstitué *kotta = manteau  de laine.  Il est peu de dire que les dictionnaires étymologiques actuels sont de peu d' utilité pour ceux qu' intéresse le pourquoi des langues...

 

Revenons  à la méthode enfantine  de messieurs Lambert, Delamarre et Cie.

Arelate  >  breton  ar = devant, près de  +  vieil irlandais laith   = marais  >>  près  des  marais.

Circulez, il n' y a rien à voir...  si !  il y a  "à voir".

 La caractéristique d' Arles est d' être un port fluvial sur le Rhône et surtout un passage du fleuve ancien et important; le fait d' être près du marais du delta du Rhône ne paraît pas primordial.

La première réaction d' un archéologue scientifique devrait être de chercher les traces du mot  "arelate" dans le patrimoine linguistique local, au lieu d' aller chercher ces traces en Irlande... 

Comment ne pas voir que  arelate  est apparenté au français  relation  qui signifie  "ce qui joint deux éléments", concept  universel du "pont" OU du "passage".

La prononciation  de  Arelate,  suivant les accents et les manières de noter les phonèmes,  pouvait être:  hrelatt / arlatt / arlats / et même, pour certains dialectes  /arlatch/ arilash/  et bien d' autres...  

Le mot qui a perduré en français  est donc  Arles,  prononcé de nos jours:   [arlǝ] , mais qui fut, d' après le "s" encore visible  /arlass/   OU /arlats/,  il y a peu. 

On peut observer  ici un phénomène  courant dans l' évolution  des langues de l' aire gauloise:  

l' apocope  quasiment systématique  du phonème  /s/ OU /ts/  OU /tt/  à la fin des mots  finissant par   -as / ats OU att. Ce phénomène est particulièrement visible, et intéressant, dans les noms de famille  finissant par "a"  qui a fait croire  à des "chercheurs"  que certaines familles ont pu être dénommées d' après des ancêtres féminins:  un non-sens religieux complet !  Quelle misère intellectuelle...

Il est aussi à noter que cette apocope  existait déjà dans les noms de personne romains !