178- guerrière viking ?

Publié par Philippe POTEL-BELNER sur le site langue-et-histoire.com, le 27 mars 2020.

 

 

La pensée historique  et archéologique  actuelle est affligeante.  L' intelligence  a déserté ces domaines  de la pensée humaine, qui,  pourtant, sont au centre de notre compréhension de l' instant présent, en tant que continuation du passé.

De nos jours, seuls  la forme et l' académisme comptent. 

Les travaux de recherche se doivent d' être revêtues d' un vernis scientifique, mettant l' accent sur de soi-disant informations techniques, puisque  dorénavant scientifique signifie  "technique", et non plus " issu d' un raisonnement logique ".  Ce à quoi on peut ajouter, pour être précis:  "issu d' un raisonnement logique"  se référant aux connaissances du moment, car, évidemment, ce qui est scientifique à une époque peut être "farfelu" plus tard, à la suite de nouvelles découvertes. Encore faut-il qu' il y ait de nouvelles découvertes... car la sclérose  est  malheureusement  de plus en plus caractéristique des sciences humaines.

 

L e point de départ de ce "billet d' humeur" est  un documentaire télévisé  (non-vu)  relatant la découverte (ancienne) d' une tombe renfermant une femme, "chef de guerre viking", puisque se trouvaient dans la tombe des armes "princières" (tombe située sur l' île de Birka en Suède). 

Ce billet d' humeur peut d' ailleurs être considéré comme une suite de mon commentaire sur la vision étriquée que nous avons de la civilisation aztèque.

Je ne le répèterai jamais assez, ce qui compte c'est l' intelligence, pas les diplômes ou les positions institutionnelles, ni le vernis scientifique... seulement la pensée multiple et logique. Des angles de vision multiples, enrichis  de nouvelles données ou hypothèses, telles que des données philologiques ou théologiques, qui permettent  de comprendre et d' interpréter la mentalité ancienne, seul moyen d' expliquer  les traces que nous voyons.

 

Les hypothèses que je vais formuler ci-dessous  concernent  toute l' archéologie funéraire, que je connais assez bien, l' ayant étudiée à l' Université de Caen.  L'archéologie funéraire dans le monde entier et à toutes les époques.

Les archéologues  utilisent souvent les tombes - qui sont la plupart du temps la seule trace laissée par les groupes humains - pour  enrichir notre connaissance du mode de vie de nos ancêtres.

Erreur, les tombes  ne renferment pas des exemples du mode de vie passé, mais principalement des exemples des croyances funéraires  de l' époque.

Ainsi, trouver des armes  dans une tombe féminine ne signifie pas  (obligatoirement)qu' il s' agit d' une "vraie" guerrière.  Il est possible que des femmes scandinaves  aient participé à des combats, mais dans la pensée ancienne, il s' agit d' une exception. Les Amazones  sont plus du domaine des mythes, ou, à la rigueur, des légendes. 

Dans la pensée religieuse, les personnages de "guerrières"  sont nombreuses:  de l' Athéna grecque à  la Kâlî indienne...

 Les mythes  de  guerrières   sont tous  en rapport avec la destruction et le don de la vie. 

Comme dans la civilisation indienne  (et dans  les autres civilisations, comme de futures études le montreront), chaque objet est  d' abord un mot qui correspond à un concept linguistico-religieux. L'objet possède la puissance du mot lui-même.  Ainsi une lance qui signifie  "qui assemble au loin", est le symbole aussi de l' assemblage vers  le haut / vers le futur = la renaissance. 

L' épée  est évidemment un symbole phallique,  "ce qui fait aller en avant", voir le NL romain Uia Appia.

Autres objets funéraires à interpréter sous l' angle linguistico-religieux:

-escargots  (dans des tombes alto-médiévales, par exemple).

-silex

-ramures de cerfs

-nourritures

-ascia

-lampes à huile

etc...

Il y a quelques années, j' avais expliqué ainsi l'usage magico-religieux de précipiter des chiens dans des puits funéraires, coutume observée dans plusieurs pays d' Europe.